Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 20:44
MERCREDI 14 JANVIER

Papa était mieux qu'hier moins triste semble t il. Il doit mieux arriver à se canaliser car on ne m'enlèvera pas de la tête qu'il sait.

Ils sont venus le chercher pour un scanner de la tête. Il nous a dit "tant mieux, comme ça si j'ai rien je vais sortir demain ou après-demain..." on n'a rien dit. Moi je pense que c'est pour localiser la tumeur et voir si c'est opérable... je ne sais pas.

Je ne pleure plus à tout moment comme début de semaine mais le soir j'angoisse beaucoup avant de dormir. C'est vrai que le soir toutes les tensions de la journée resurgissent et c'est dûr.

Maman est frigorifiée le soir. Elle s'endort sur le canapé avec un peignoir, un tricot de laine... devant la télé... c'est sûr qu'il faut être passé par ces moments teribles pour savoir de quoi on parle.

Que nous réserve demain ? Le chef de service est tellement détestable, froid et sans coeur que chaque fois qu'il passe devant la chambre, maman et moi avons des hauts le coeur, à l'idée qu'il s'arrête. On est folles quand même. J'aimerais avoir l'aplomb nécessaire pour le remettre à sa place. Quelle ordure ce médecin



VENDREDI 16 JANVIER

Papa est sorti de l'hôpital ce soir. On l'avait changé de chambre dans la journée. De sa chambre particulière on l'avait placé avec un papi qui ronflait et mon père était exité comme une puce.

J'avais rendez vous chez l'ophtalmo à 17h30 et il a fallu que maman se débrouille seule avec Satan, le chef de Service. Ma pauvre maman. Enfin, ils ont réussi. Papa est de retour. J'ai eu la peur de ma vie hier. Je pense que depuis ma naissance je n'ai eu une journée aussi stressante, angoissante. Je n'ose imaginer la suite... Nous avons donc quelques jours de répit loin de l'hopital.

Il y rentre mercredi prochaine pour une ponction d'une tumeur au fond du poumon. On n'y comprend rien. La fibro est négative, le liquide bronchique négatif. On nous avait dit qu'il n'y avait pas de tumeur dans le poumon, à présent y en a une. On nous parlait de tumeur cérébrale... on tourne en bourrique. Aux dernières nouvelles, ça peut être une tumeur du poumon avec ramification dans le cerveau mais bénigne, non cancéreuse. Ils nous auraient donc annoncé un cancer du poumon sans en savoir plus que ça, sans s'appuyer sur rien. L'état de papa est très précaire car il faut à tout prix éviter qu'il refasse une crise, éviter l'alcool, repos total... maman et mémée stressent un max. Mais je pense qu'il faut positiver. C'est un peu moins mauvais que tout ce qu'on nous a dit au départ, du moins c'est ce que je veux penser. Il faut que j'arrive à déstresser car si cette boule que j'ai là au creux du ventre explose ça va pas être beau à voir. Je suis hyper stressée.
Je suis passée ce matin, il a bien dormi. Tout semble bien aller. Mon Dieu... pourvu que ça dure... si on pouvait s'en sortir.. quelques années de répit...

 

  Je suis passée chez mes parents ce matin, en fin d'après midi. Papa avait mal à la tête. Tout de suite maman tétanise. Il ne faut pas qu'il refasse une crise.

Elle va s'en faire un de cancer si elle n'arrive pas à gérer. Mais je la comprends.

Enfin, pour l'instant ça va. A part ses 4 clopes par jour papa est raisonnable. Il s'occupe à l'ordi, à la télé, avec son puzzle. Il est soucieux c'est clair et pas très stable sur ses jambes. Mais bon... il est là, et je pense toujours aux paroles de Satanas... "Dimanche, il ne sera plus là", l'imbécile !

Gérer tout ça et gérer la vie de famille, c'est pas facile. David trouve déjà à redire à mes absences. Mais je ne peux pas faire autrement. J'ai pas envie d'aller travailler lundi... je suis une boule de stress et j'ai pas envie.

Katia a brillé par son absence pendant toute cette semaine d'horreur. Elle m'a innondé d'sms mais elle n'est même pas venue un petit quart d'heure me voir pour me remonter le moral. Pas 5 mn à me consacrer. Je n'ai plus dutout envie de la voir. J'ai jugé ce que valait ma "soeur de coeur". Si elle avait une véritable soeur, la pauvre !

Son obsession : laisse tomber les faire part du mariage, "met les sur clé usb je vais me débrouiller", malgré que je l'aie assuré à plusiers reprises que je lui ferais faire part, menus, mp, comme convenu.
Eh bien de colère je lui ai déposé la clé dans sa boite aux lettres.
Pas un commentaire. Elle n'a pas soufflé mot.

Les vrais amis... ce sont ceux qu'on n'a pas besoin d'appeler quand ça va pas... ils savent être là... ce n'est pas son cas.

Quand elle n'était pas bien, elle venait sans arrêt à la maison, elle a oublié vraisemblablement...


DIMANCHE 18 JANVIER

week end calme. l'homéopathe est venu hier après midi voir papa. Il est resté une heure et demie; il a tout expliqué calmement et papa va mieux. Il a prescrit plein de choses pour le préparer à l'intervention de mercredi, l'aider à récupérer, à supporter la chimio par la suite... papa a repris confiance, repris des couleurs, il était beaucoup mieux aujourd'hui. Il a choisi de se battre et nous avec lui.

Katia brille par son absence. Pas de nouvelles.

David est un amour, tout ça nous a rapproché un peu.



LUNDI 19 JANVIER

C'est lundi. J'ai repris le travail. J'ai pas la tête sur les épaules et je tourne beaucoup. Je perds du temps, pas très efficace... je fais de mon mieux. Tout le monde est gentil et vient me parler... j'apprécie.
J'ai retrouvé Katia, là aussi on a eu une petite explication. On s'est mal comprises encore une fois. On est tellement différentes... enfin, elle voulait pas gêner, pas m'envahir et moi j'aurais aimé qu'elle s'impose pour me remonter le moral... tout ça n'est pas grave. Je ne veux pas me prendre la tête avec des conneries il y a tellement de choses plus importantes... elle m'a redit que nous étions soeurs... je veux le croire... je suis si seule...
David est toujours un amour. Il est patient. Il est là...
Faut il partir au ski comme prévu ou non ? papa comment sera t il fin février ? comme aujourd'hui, mieux, pire... on va réserver et on verra bien. Pierre est d'avis qu'on ne peut priver les enfants de leurs vacances, ils les attendent... mais j'ai pas envie. Je me force vraiment. Je voudrais tout annuler.

MARDI 20 JANVIER

Maman a une bronchite depuis trois jours. Et évidemment : papa se lève ce matin : il a une bronchite. On attend le médecin. L'examen de demain va sans doute être reporté parce qu'il tousse. J'espère que ce n'est rien de plus... qu'une bronchite...
Et ça veut dire... rester encore comme ça, sans savoir...
Je suis passée ce soir après le boulot. Papa avait une sale tête. On va dire que c'est la grippe mais en causant on en apprend toujours plus. Des petites choses qu'on aurait mieux aimé ignorer... genre... il avait du mal à respirer hier soir... (c'est la bronchite)... et la bouche était raide ce matin, la langue aussi... Le Dr S, l'homeopathe est passé cette aprem, ça peut être une tumeur qui appuie à cet endroit... comme c'est rassurant... J'avais l'impression ce soir que maman était sur un petit nuage... Je pense que quand le soucis dépasse un certain seuil on doit se faire un film.
L'examen de demain est reporté, papa devait faire une radio à la place mais maman veut annuler aussi. Je n'ai rien dit. Je ne sais pas. Je ne sais plus. J'ai choisi de faire confiance au Dr S. comme eux. Alors suivons le à fond, on verra bien. Il fera la ponction la semaine prochaine.
Un jeûne est aussi salutaire qu'une séance de chimio car comme on ne nourrit pas les cellules cancéreuses, elles régressent. Donc papa est parti pour 3 jours de jeûne. Après un jour de riz complet et cure de raisin. Le pauvre, il s'y donne à 100%. Il va se noyer dans sa tisane. J'ai de la peine pour lui, il est bon vivant, il aime manger, boire son canon, fumer sa cloppe... et voilà...
enfin... rien ne vaut la vie... alors...


JEUDI 22 JANVIER

Ce matin David et moi avons été faire quelques courses.
En rentrant une voix de déterrée, papa s'est levé cette nuit et a fait un malaise dans la cuisine. Elle l'a trouvé couché par terre. Il croyait qu'il était dans son lit. Il était un peu perdu. Maman est terrorisée.
Moi je cache. Je fais la dure. Il le faut. Maman veut trouver quelqu'un pour la nuit.

Ca m'a énervé, elle l'a vue et tout de suite elle se sent agressée. "Mets toi à ma place qu'elle me dit."
Bien sûr que je m'y mets. Je ne fais que ça. Mais papa a fait un malaise de faiblesse parce qu'il commence son 3ème jour de diète, pas un malaise du à sa maladie. C'est sur il n'en fait qu'à sa tête. Maman l'a recouché et lui a dit de ne pas se lever, de l'appeler s'il avait besoin de quelque chose et un peu plus tard il arrive dans le couloir. Maman me dit je suis aux aguets, je n'ose plus dormir. C'est clair, il peut se faire mal en tombant. Je lui a proposé de dormir là deux ou trois nuits. Elle m'a dit non, tu as tes enfants... c'est vrai.

Le docteur devait passer ce midi j'en saurai plus cet aprem. Je vais aller leur faire quelques courses. Maman ne mange plus non plus, je leur ai fait de la soupe, ça sera aumoins ça. Je ne sais pas quoi faire pour les aider et je rumine toute la journée. David me dit que ça va me rendre folle, pourtant j'essaie de ne rien montrer en sa présence, j'ai le sourire et je cache.

Hier le cobaye des enfants est mort. on l'avait emmené au véto parce qu'il ne mangeait plus, je pensais que c'était un problème de dents mais non, il avait un virus. 50 euros, 3 piqures et le résultat il hurlait hier après midi tant et plus que Pierre a été obligé d'abréger ses souffrances. Pauvre bête. Triste fin. Les enfants pleurent... c'est pas facile de trouver les mots... le paradis des cobayes vous y croyez vous ? on ne sait pas quoi inventer pour soulager leur peine.

Brigitte est passée hier soir. Katia aussi. Je ne dois pas me laisser aller, préparer l'avenir, elles ont facile.

On a réservé pour le ski. J'en vomirais. Ca me contrarie. Je n'ai pas envie d'y aller. Quelle que soit la situation ma place est ici mais tout le monde est contre moi... Ca va être une épreuve de plus. Partir en vacances alors que ma mère et ma grand mère sont tétanisées... merde ! merde ! merde !


Le Dr S était chez mes parents à midi. j'y suis passé pour écouter ce qu'il disait. Il a prescrit de nouveaux tubes à papa, il doit continuer la diète jusqu'à lundi. Lundi il revient le voir. Nous sommes jeudi, ça fait encore 3 jours. Ca fera une semaine à l'eau et la tisane. Papa est faible mais a bonne mine. Il a fait un malaise ce matin mais de faiblesse. Mais c'est pas grave. Il faut continuer. Les tumeurs non alimentées vont être éliminées par les reins, avec des produits drainants, il faut faire confiance. C'est notre choix, on va voir... Je lis et relis l'article sur la diète que j'ai trouvé sur un internet et je me dis que c'est justifié.

Aujourd'hui j'ai passé la journée chez mes parents, j'ai été à la pharmacie, j'ai obligé maman à dormir deux petites heures pour récupérer un peu. Papa a dormi toute la journée sur le canapé devant la télé. Il a beaucoup de courage. Il ne se plaint JAMAIS. Je me demande ce qui se passe dans sa tête, ça doit tourbillonner sec.

J'ai réservé pour le ski contre mon gré.

Les faire part de mariage, les menus, les marque place, tout est au point pour le mariage de Carla. J'attends la date définitive et l'heure à la mairie.

Mes parents devaient fêter leurs 45 ans de mariage samedi soir. On a tout annulé pour reculer la date dans des jours meilleurs...

Thierry m'a appelé l'autre soir et on a discuté un bon moment. Ca m'a fait du bien. Il est apaisant. Lui et Carla sont nos seuls vrais amis..; mais en amitié je suis comme en amour, j'en demande toujours de trop... trop... trop... pardon mes amis

VENDREDI 23 JANVIER

Je suis passée chez mes parents tout au matin comme les autres matins.

Maman et mémée n'ont pas dormi, elles sont restées toute la nuit sur le canapé à surveiller que papa ne se lève pas. C'est infernal. Il ne s'est pas levé, il n'a pas beaucoup dormi mais c'est normal il dort toute la journée. Il ne doit pas manger jusqu'à lundi... je ne sais pas comment il fait. Je l'admire. Toujours le sourire et une volonté de fer... il fume moins... eau et tisane, quel régime d'enfer ! enfin... c'est pour la bonne cause... il faut tenir...
Plus que deux jours et lundi c'est le riz complet...

Quand va t il faire une radio et cette ponction : mystère, il tousse encore, donc pas possible.

Cette aprem je retourne à la pharmacie puis vers eux jusqu'à l'heure de l'école.

Je suis opressée, très anxieuse, moi aussi j'ai peur... mais je le garde pour moi. Je suis fatiguée. Mais ça va...
Ce matin je me suis presque disputé avec maman, je suis méchante... chaque fois que je lui dis qu'elle devrait faire un effort, prendre sur elle, que ce n'est pas en craquant qu'elle va aider papa... elle me dit que je ne me mets pas à sa place... elle prend la mouche... je sais bien... j'y serai peut être un jour à sa place, qui sait ? Enfin... c'est pas grave...


SAMEDI 24 JANVIER

5ème jour de diète pour papa. Ce matin j'ai appris qu'il était tombé une deuxième fois et qu'il s'était écorché au visage. Rien de grave mais bon... Le Dr S a pris des nouvelles ce matin et l'a autorisé à commencer le riz complet. J'étais heureuse à l'idée qu'il mange du riz à midi (!!!) on se réjouit de peu.

Maman a une mine épouvantable. Elle n'a fait que somnolé la nuit dernière. Je comprends son angoisse. Mémée est insupportable mais c'est pas sa faute... A cet âge le moindre changement dans l'emploi du temps journalier perturbe le quotidien et c'est une montagne..; enfin...

J'ai eu Katia au téléphone cet aprem. Elle m'a remonté les bretelles. J'aime bien tous ces gens qui font la morale. Je sais qu'elle est passée par là, je sais que tout ce qu'elle me dit est justifié mais je sais aussi qu'on ne se comprendra jamais elle et moi car nous n'avons pas été élevées de la même façon.
"Quand j'ai perdu papa, maman travaillait et n'a même pas eu droit à une semaine de congé pour rester près de lui. Il fallait travailler, ramener de l'argent et elle a assumé. Ta mère est en retraite, elle est vers ton père, toi tu travailles et tu dois travailler... tu la gâtes trop. Tu lui portes à manger, elle n'est pas impotente, elle peut se faire à manger... Tu la rends trop dépendante de toi il faut la laisser se débrouiller.."

Je sais tout cela mais c'est ma mère et quand je la voie effondrée et démunie comme ça JE NE PEUX PAS être indifférente. Je me bats contre moi même pour ne pas aller passer la nuit vers eux. Mais j'ai pitié de David et des enfants. J'ai mon couple et ma maison aussi moi...

Papa a encore la langue raide. Je pense toujours à ce qu'a dit le médecin, une tumeur qui appuirait à un endroit bien précis et je me dis que si une nouvelle tumeur appuie à un autre endroit bien précis, qu'est ce qui va se passer... c'est vrai qu'on angoisse... on vit la peur au ventre... quand je le vois souriant et "optimiste" comme ce matin, je veux croire à un bon dénouement mais on n'est jamais sûr de rien... surtout avec un cancer...
J'ai dit à maman que se soigner qu'avec de l'homéopathie c'était un peu léger... mais je n'en sais rien. Je serais pour qu'il fasse un peu de radiothérapie, ça tue quand même les mauvaises cellules... elle m'a dit qu'ils iraient faire une radio et là aussi je me dis le résultat de cette radio va être sans équivoque, quelle a été l'évolution pendant ces derniers jours... ??

Je ne travaille pas la semaine prochaine. Mon fils a pris le relais, il a la bronchite. Il n'y a plus que moi qui ne l'ai pas eue. Ma chef n'était vraisemblablement pas ravie de mon congé mais je m'en fout. Je ne sais pas comment je ferai dans les semaines à venir car je n'ai plus de jours d'avance. on verra bien...

DIMANCHE 25 JANVIER

Papa mange un peu de riz depuis hier et ça va. Le docteur vient mardi. J'espère qu'il fera aumoins faire une radio. Il aura les résultats de la dernière prise de sang. J'espère que ce sera positif comme la dernière fois c'est à dire que tout stagne, rien n'évolue.

Mes parents n'ont pas eu de visite aujourd'hui encore. Chapeau aux copains !!! quand c'est la fête ils sont là mais pour passer une heure vers un malade, y a plus personne.

J'ai dormi cette après midi. Je ne sais pas si c'est ma façon à moi de traduire mon stress, dormir pour tout oublier mais je n'ai jamais autant dormi. c'est ironique.

Week end télé avec les enfants qui toussent... rien de passionnant... mais c'est fou comme on apprécie le calme après les épreuves...






Par madison
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /Nov /2009 20:22
LUNDI 12 JANVIER 2009

Maman a réhospitalisé papa ce matin pour fibro et tout le reste. Elle l'y a conduit  avec Brigitte pour que je puisse m'occuper des enfants. Cet après-midi j'y retourne avec elle. 

Nous avons donc choisi de croire en un traitement parallèle car papa ne veut faire ni rayons ni chimio... on a également téléphoné à un magnétiseur renommé qui le verra dès qu'il rentrera à la maison. Je l'ai recommandé dans un groupe de prières... je n'ai pas eu d'autres idées pour le moment...

Maman a plein de connaissances mais les vrais amis se comptent sur les doigts d'une main. Florian est l'un d'entre eux. Infirmier de métier il a choisi de nous aider. Heureusement que nous l'avons. C'est mon "frère de coeur" comme on dit toujours en riant. Il est un peu le fils que mes parents n'ont pas eu. Mes parents ont monté une association de danse de salon, un petit groupe qui se produit par ci, par là et qui connait un certain succès. Florian chante des opérettes et sert de DJ lors des représentations. Il va téléphoner au pneumologue dans la journée. On en saura plus bientôt je pense. Personnellement la danse ne m'attire pas au grand regret de mes parents bien sûr et je pense qu'ils auraient aimé que je ressemble à Florian... c'est pour ça que je l'ai appelé un jour "mon frère de coeur"... et ça lui est resté.

Je ne me fais pas d'illusion mais je pense qu'il faut vivre le moment présent sans penser trop à demain. Il n'y a que Dieu qui connaisse "le final", qui décide du moment. Ca peut être demain comme ça peut être dans quelques mois... une année... on ne peut pas savoir. On tente tout ce que l'on croit bon et inch allah !

Katia me téléphone. Je sais que ce ne doit pas être facile de savoir comment faire pour aider "sa meilleure amie" ? Depuis quatre jours elle m'a envoyé des sms mais c'est son premier appel... Katia se marie au mois de mars prochain. Elle est tout à son bonheur et c'est normal.

Ma foi... Je ne dis rien mais son mariage n'est plus ma priorité. Je ne peux pas lui dire que ça ne m'intéresse plus ce serait trop cruel. Mais je n'ai plus envie d'en parler, plus envie de faire ses faire part, j'ai d'autres priorités. Et surtout plus envie d'être témoin et d'aller à son mariage. Plus envie du tout... comment aller me chercher une belle robe, penser à toutes ces pacotilles quand une vie  s'effiloche chaque jour un peu plus... quand une vie va bientôt se terminer... la vie de mon père... non je n'ai pas le coeur...

On a beau dire la vie continue... c'est facile quand on n'est pas concerné. Je le dis à ma mère pour la remonter mais au fond de mon coeur je sais : que rien ne sera plus pareil. Surtout que maman est fragile... Elle a été là chaque fois que j'ai eu besoin d'elle, elle ne m'a jamais laissé affronter seule mes problèmes... même si j'ai quelques griefs contre elle à cause du passé je ne la laisserai pas...

Florian a appelé le chef de service et nous a transmis des nouvelles.
Papa a eu sa fibroscopie, la tumeur n'est pas dans le poumon. Bizarre quand même. Je n'y comprends vraiment plus rien.
Les métastases de la tête viennent d'on ne sait toujours pas quel organe. Le médecin pense que c'est une tumeur dans la tête. Il a eu un cas similaire. Ce cas a déjà un mois de rémission.
Il parait que papa sait. Il n'affiche aucune faiblesse, il veut certainement nous préserver. Comme il doit "penser". IL refuse la télé. A quoi passe t il ses soirées, ses nuits dans sa chambre d'hopital. A ruminer.

Je m'imagine à sa place. Je n'y arrive pas car dès que je pense à cette putain de maladie je suis terrorisée. Je sens monter en moi une angoisse, une peur viscérale.

La crise d'épilepsie aurait pu le laisser aveugle, dans le coma ou le tuer carrément. On a de la chance de l'avoir encore. Normalement, avec le traitement, il ne peut pas refaire de crise. Mais... on n'est jamais sûr. Maman est terrorisée... et moi je continue à être forte. Il le faut.
Je me sens seule, si seule dans ce gouffre noir dans lequel on s'enfonce..;   on n'en ressortira pas indemnes...

C'est bizarre je ne sentais pas dutout 2009... j'avais un drôle de sentiment à la nouvelle année... et voilà... pour une fois mon intuition ne m'a pas trompé... j'avais raison... 

Papa, selon Florian,  va commencer par avoir des troubles de la mémoire semble t il. Mais ces troubles vont ils s'aggraver ou s'arranger avec un traitement ? radiothérapie ? chimio ? pour l'instant on ne sait rien... le chef de service avec sa tête de croque mort... heureusement que nous avons Florian, il ne sait pas à quel point il nous aide... je lui serai éternellement reconnaissante.

Katia m'a appelée ce soir. Je lui ai tout raconté. Elle ne parle pas de passer me voir... Elle va acheter le costume à Thierry Samedi. Elle continue de préparer le mariage... et moi j'enterre mentalement mon père... c'est dûr... la vie me brise petit à petit...
qu'ais je fait ? quel karma ? pourquoi ? enfin... c'est la vie...

Maman est désespérée. Je passe beaucoup de temps avec mes parents. Je vais peut être arrêter de travailler pour m'occuper d'eux, être plus présente... je payerai ma dette à l'au dela en m'occupant d'eux... j'aurai peut être une bonne fin de vie ainsi... pour l'instant je pense que les semaines, les mois, sans doute les années à venir vont être plus que noires...




 MARDI 13 JANVIER 2009

Hier soir j'ai surfé sur internet alors que je me l'étais interdit jusque là.

Cancer cérébral : 2 mois sans traitement, 1 ans avec traitement... on se fait peur... on cherche à se torturer un peu plus en lisant un tas d'horreur... alors qu'en fait chaque cas est différent.

Je passe ma vie entre l'hôpital et maman que je soutiens autant que je peux.

Dûr. IL faut répéter cinquante fois les mêmes choses aux voisins qui appellent, aux amis. Faire bonne figure car on ne va pas dire sans savoir ce que papa a puisqu'on n'a pas de résultat sûrs.

Je fais à manger, je conduis maman, j'ai un peu de mal à supporter les enfants exités qui ne savent rien...

Enfin... Pierre est là. Il me téléphone, je vois qu'il est aussi triste que moi. Il me serre fort. Je sais qu'il sait ce que je ressens. Il a perdu brutalement sa grand-mère qui l'a élevé, au début qu'on se fréquentait,  et deux ans à peine plus tard  son grand-père, d'un cancer du poumon... Pierre est renfermé. Il n'a jamais trop montré sa douleur mais il sait.

Il faut tenir le coup. On ne sait rien de toute façon... aucun résultat bien précis ne nous a été communiqué.  Cet après-midi devant papa, il faudra continuer de  jouer les décontractés !!!

 

J'ai trouvé papa abattu cette après midi. Il cache, il cache, il fait tout pour cacher alors qu'il sait la gravité de son état. Dur... quelle force il a.

On est rentrées à 6 h, on a mangé ensemble et maman a raconté sa vie, leur dure vie de labeur...

Cette après midi elle m'a avoué qu'elle ne se voyait pas vivre seule dans sa maison, je ne sais pas quoi faire, quoi dire. Je suis prise entre deux feux, David et maman. Je voudrais voir maman heureuse...

Ya un truc marrant... eh oui même au coeur des drames on en trouve : j'avais pensé cette nuit on devrait agrandir la maison d'une pièce et lui faire une chambre pour elle toute seule, avec peut être une petite salle de bain, elle serait à l'écart, elle arrangerait la pièce comme elle veut et elle n'aurait pas peur la nuit. La journée elle retournerait chez elle. Et puis je me suis dit David ne voudra jamais... Maman, ce soir en rentrant me sort qu'elle avait pensé financer elle même une petite extension à notre maison, juste une chambre pour dormir vers nous sans nous gêner... la pauvre... peur pour son mari, peur pour l'avenir... mais ma vie à moi est définitivement chamboulée maman... ma vie aussi...

Apparemment papa aura une biopsie... dans la tête... ça peut stopper le cancer me dit Florian. Il FAUT garder espoir, etre courageux et se battre. C'est notre seule solution.




Par madison
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 21:11

 

JEUDI 8 JANVIER 2009


On vit la vie... on survit parfois parce qu'on se croit malheureux... dégoûté par les problèmes quotidiens... et puis tout s'effondre brutalement quand on ne s'y attend pas... ces mêmes problèmes du quotidien deviennent alors futiles face à ce qui vous tombe sur la tête. Tout bascule... 

Mon père a étéhospitalisé cette après-midi, on craint le pire... il a quelque chose aux poumons... j'aime bien le "quelque chose"; impossible d'en savoir plus. Fumeur donc aucune excuse évidemment !!! (mon grand-père a arrêté de fumer 25 ans avant de mourir et il est mort d'un cancer du poumon...) des amis sont morts d'un cancer du poumon sans avoir jamais fumé une cigarette, faut arrêter la psychose... enfin... là n'est pas le problème.

La vie s'arrête, on ne pense plus à autre chose... qu'à ce 'quelquechose"... 

Le pneumologue parle déjà d'une fibroscopie... aller dans le mal... analyser... j'ai peur... peur de ce que je vais entendre. Peur de la réaction de ma mère déjà fragile... peur de devoir assumer tout ça seule... voilà... la vie ne tient qu'à un fil...
 
Un jour ça va... le lendemain... "on s'apprend peut-être condamné..." enfin... ce "quelque chose" peut être une simple tache... une pneumonie... je n'y connais pas grand chose...

J'espérais ne jamais plus avoir à endurer ça après mon grand père... dûr...


SAMEDI 10 JANVIER 2009


Jeudi après midi, je faisais les soldes... journée tranquilles, petites courses, aller chercher les enfants à l'école... on rentre, les devoirs... le téléphone sonne : "ton père est hospitalisé, il a fait une crise d'épilepsie." C'était effrayant. Maman et ma grand-mère sont terrorisées. "Il se débattait, les yeux révulsés", elles n'oublieront jamais son visage.

Je ressors la voiture du garage et nous voila parties maman et moi à l'hôpital. Ma grand-mère qui vit chez mes parents depuis le décès de mon grand-père garde les enfants. Papa est aux urgences. On lui a déjà fait un scanner... il est très calme. La crise est passée. "Tout va bien mais j'ai quelque chose aux poumons."   Vu le ton qu'il a employé j'ai deviné sa pensée : "je suis foutu."  On a fait semblant de ne pas comprendre...
 
Deux heures plus tard on le monte en pneumo. On déambule dans les couloirs déserts et silencieux de l'hôpital derrière le brancardier qui pousse le lit avec dextérité. L'ascenseur gravit les étages sans un mot. Papa est en chambre particulière, on l'abandonne pour la nuit.

Dur le retour. On ne pense qu'à cette phrase... "quelque chose aux poumons".

Vendredi matin : radio des poumons... Maman et moi arrivons dans le service en tout début d'après midi. Nous n'avons encore vu aucun médecin. Dédé et Brigitte, les meilleurs amis de mes parents arrivent aussitôt. Maman décide d'aller aux nouvelles. Je reste dans la chambre. On plaisante, on rigole. Papa est tout à fait bien. Il n'a perdu aucune de ses facultés, sa mémoire fonctionne. Il est NORMAL. Je suis pleine d'espoir. Ca ne peut pas être grave...

Maman s'absente donc. Elle veut voit le chef de service réputé pas très aimable, mais elle voudrait quand même bien en savoir plus. Quand elle revient, elle a l'air sereine, souriante. On reste encore une heure et on abandonne papa pour la deuxième fois. Sa chambre est gris anthracite, la tapisserie est arrachée par lambeaux, c'est vieux, triste. Par les portes de chambres ouvertes on voit des vieux qui ralent, toussent, crachent... un mouroir... on sort en courant de ce service...

Arrivées devant l'ascenseur maman s'arrête et s'appuie contre le mur.
"Je te dois la vérité. Je vais te parler comme il m'a parlé. D'abord le chef de service téléphonait dans son bureau, j'ai attendu. Quand il a raccroché je suis rentrée par culot.
- Je voudrais savoir ce qu'a mon mari.
-
Comment vous ne savez pas ?
- Non je n'ai encore pu voir aucun médecin
-
Mais ! il est perdu
Ma mère s'est appuyée au chambranle de porte.
- Comment ?
-
Oui, il a une tumeur au poumon et des métastases plein la tête. On lui fera une fibroscopie lundi...
Maman invente alors une histoire
- Mais docteur c'est l'anniversaire de son petit fils dimanche soir : il ne peut pas rater ça, on a un diner de famille, on prépare ça depuis des mois... -
Bon vous le prendrez dimanche matin. Vous viendrez le chercher dimanche ! mais il sera mort !


Ma mère courageusement est sortie et n'a rien laissé paraitre devant papa.

C'est à vomir, j'ai envie d'aller au journal de la ville ou à la radio pour dire haut et fort comment on est traité dans les hôpitaux, comment sont les médecins, je suis terrassée...

C'est sans espoir. Papa qui rigolait cet après-midi sera mort dimanche ?
Non, ils se trompent ce n'est pas vrai.
Que faire ? rien à faire ? Papa a toujours dit 'pas de chimio ni de rayons si j'ai un cancer'.

Maman est pleine de ressources. Elle a entendu parlé d'un homéopathe qui soigne les cancers. Immédiatement elle lui téléphone. Rendez-vous pris pour samedi matin. Ce monsieur est très bien et très humain. Il nous garde une heure et demi. Il nous explique... "il n'y a pas de miracle mais des rémissions, des améliorations..." on commande du fractal, des médicaments homéopathiques. Il faut commencer tout de suite. Faire une diète, pour ne pas laisser les cellules cancéreuses se nourrir... les affaiblir... et prendre ces médicaments. Faire l'examen prévu lundi et des prises de sang complémentaires à envoyer à Paris.

Bref vendredi après midi papa prend ses premiers médicaments, il ne doit pas refaire de crise d'épilepsie, ça lui serait fatal...  Maman et moi, on a choisi de faire confiance au Dr S... que nous reste t il d'autre à faire ? Quelle angoisse... quelle boule là sur l'estomac...


DIMANCHE 11 JANVIER 2009

On est allées chercher papa ce matin à 9 h à l'hôpital.
Evidemment Satan était là, je veux dire le chef de Service, le Dr B.  Il est entré dans la chambre pendant que papa s'habillait pour partir.
-Vous partez mais vous prenez bien vos médicament et vous revenez ce soir.
- Mais docteur il a son examen demain matin, on ne revient que demain à 7h ! répond maman.
- Comme vous voulez mais s'il refait une crise la nuit prochaine vous assumerez seule ! répond-il à ma mère. Puis il poursuit "donc lundi matin on vous fait une fibroscopie et plein d'autres examen car en fait la souche n'est pas le poumon. C'est ailleurs. Il faut qu'on voit, comme je vous ai dit,  d'où viennent ces métastases que vous avez dans la tête."
Mon père n'a pas soufflé un mot. On nous a dit que ce médecin a perdu son propre fils d'un cancer et que depuis il est inhumain avec tous ses patients.  Il a aussi la réputation de dire "la vérité" à ses malades. Qu'a-t-il dit à mon père en privé ? Je pense que papa a pris le ciel sur la tête il y a peu.

Bref, on est rentré chez nous comme trois malheureux.

Dédé et Brigitte sont venus déjeuner avec nous. On a bu, rigolé... comme si de rien mais c'est dur de retenir ses larmes... ça prend aux tripes par moment... on ne sait pas où on va.

Demain papa rentre à nouveau à l'hôpital... quand en sortira-t-il ? en sortira-t-il ? il est bien aujourd'hui. Il a super bien mangé, un peu fatigué mais rien d'anormal. J'ai peur. Quand ils auront leurs résultats, si ce fou continue sur sa lancée, il ne va quand même pas dire en face à mon père qu'il n'y a rien à faire, qu'il est fichu... a t il un cancer déjà généralisé ? mais s'il n'avait pas fait cette crise on n'en saurait rien... et puis... sans doute qu'il lui a déjà tout dit... puisque c'est sa réputation... et papa qui ne dit rien... pas un mot là-dessus... maman qui tourne autour du pot... Elle lui fait part qu'on est allées trouvé le Dr S. qu'il a prescrit un traitement... papa acquiece pour tout.

Pierre, les enfants, nous mangeons encore ce soir chez mes parents pour nous retrouver tous ensemble.... j'appréhende... j'espère que papa va tenir le coup moralement. Je ne pense pas que j'aurais sa force.


Par madison
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Mardi 24 novembre 2009 2 24 /11 /Nov /2009 21:00

Deux mois déjà

deux mois se sont écoulés

égrenés par le sablier

du temps qui passe

le temps qu'on ne peut arrêter

Deux mois déjà

depuis ce matin de juin

où le téléphone a sonné

où l'hôpital a appelé

pour nous annoncer la fin

la fin de tes souffrances

la fin de mon insouciance

Deux mois déjà

mais dans nos vies,

dans nos coeurs tu es là

pas de jour sans penser à toi

pas de jour où maman ne pleure pour toi

et pourtant la vie continue

les enfants continuent de rire

la terre de tourner

et nous d'avancer

le soleil brille aujourd'hui

c'est une journée comme tu les aimais

tu te serais levé

ta cigarette tu aurais fumé

tu aurais jardiné,

fait tes mots croisés,

  ou avec tes amis danser

ces même amis qui chaque semaine étaient là

qui avec toi, buvaient, mangeaient, dansaient

ces même amis qui en deux mois

se sont volatilisés, qui sont partis en fumée

qui forts de cette amitié tant revendiquée

laissent maman seule à pleurer

seule avec sa tristesse et son chagrin

à part moi qui lui tient la main ?

et là haut que fais tu ?

dans cet au-delà inconnu... ?

de tout cela que penses tu ?

triste anniversaire...

qui nous laisse le coeur bien amer...

Par madison - Publié dans : PENSEES
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Mercredi 11 novembre 2009 3 11 /11 /Nov /2009 20:08
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Par madison
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